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Médicaments

Dans le cas d'une dépression grave ou d'un trouble bipolaire, la psychothérapie seule n'apportera pas une amélioration suffisante. La plupart du temps, votre médecin choisira également de vous prescrire un ou plusieurs médicaments.

Lorsqu'il s'agit uniquement d'une dépression, le médecin optera pour un ou plusieurs antidépresseurs, parfois en combinaison avec une benzodiazépine.

Dans le cas d'un trouble bipolaire, on choisit souvent d'autres médicaments comme des thymorégulateurs (stabilisateurs de l'humeur) et des antipsychotiques. Dans ce cas également, une benzodiazépine peut aussi être temporairement utilisée, lorsque l'excitation de la phase maniaque doit être réduite.

Antidépresseurs
Stabilisateurs de l'humeur
Antipsychotiques
Benzodiazépines
Thérapies à base d'électrostimulation

Antidépresseurs

Dans le cas d'une dépression, le médecin prescrira également temporairement un ou plusieurs antidépresseurs en plus d'une psychothérapie. Il existe de nombreux types d'antidépresseurs, qui possèdent chacun leur propre profil d'action et d'effets secondaires. Votre médecin se laissera surtout guider, lors du choix d'un produit particulier, par votre schéma de plaintes ou votre santé générale.

Les antidépresseurs augmentent la concentration de certaines hormones dans le cerveau. C'est entre autres le niveau de la sérotonine (‘l'hormone du bonheur’) qui est influencé positivement par la plupart des antidépresseurs.

Quand devez-vous prendre votre médicament ?

Votre médecin ne manquera pas de vous donner les indications en la matière.

La manière et le moment de la prise peuvent varier selon le produit. Vous pouvez trouver cette information aussi dans la notice.

Il est en tout cas important de prendre quotidiennement sa médication. Prendre plus de médicaments que ce qui vous est prescrit les jours où vous ne vous sentez pas bien n'a absolument aucun sens. Vous courez même le risque de subir davantage d'effets secondaires.

Quand peut-on s'attendre à en ressentir les effets ?

L'effet des antidépresseurs est souvent lent à se faire ressentir, il faut donc souvent deux à trois semaines (parfois même plus) avant de ressentir une certaine amélioration. À un certain moment, les changements seront clairement visibles. Vous retrouverez l'appétit et serez à nouveau intéressé(e) par les gens et les choses qui vous entourent. Vous ne redouterez plus le travail et retrouverez la joie de vivre. Votre famille, vos amis et vos collègues remarqueront aussi probablement que vous allez mieux.

Une fois que vous ressentirez une amélioration, les effets secondaires (comme les insomnies) que vous pouvez présenter au début disparaîtront souvent aussi.

Si vous ne ressentez toujours aucune amélioration après un mois ou que vous êtes aux prises avec des effets secondaires importants, consultez le médecin qui vous a prescrit les médicaments. Il peut adapter la dose ou prescrire un autre produit qui vous conviendra mieux.

Les antidépresseurs ont parfois des effets secondaires, surtout au début du traitement. La plupart disparaissent après quelques jours ou quelques semaines. Certains antidépresseurs pourront vous faire prendre du poids. Cela peut être une bonne chose si vous êtes trop maigre. Si vous ne voulez toutefois pas grossir, mentionnez-le à votre médecin. Il existe d'alternatives.

Quelle est la durée d'un traitement par antidépresseurs ?

Il ne faut certainement pas arrêter votre traitement dès que vous vous sentez mieux. Le traitement doit être poursuivi pendant au moins 4 à 9 mois parce que le risque de rechute est très important. Lorsque vous avez déjà souffert de dépression à plusieurs reprises, il est préférable de prendre plus longtemps les antidépresseurs, parfois toute sa vie. Suivez les conseils de votre médecin en la matière.

N'arrêtez jamais brutalement votre traitement. La dose sera de préférence diminuée lentement, mais uniquement sur conseil de votre médecin.

Soyez rassuré(e), les antidépresseurs n'ont pas d'effet d'accoutumance. Une fois le moment venu, vous pourrez arrêter le traitement sans trop de problèmes.

Et le millepertuis ?

Le millepertuis a aussi un léger effet antidépresseur et peut être utile en cas de légers troubles de l'humeur. En cas de dépressions plus graves, le millepertuis n'est pas une solution. Le millepertuis est contre-indiqué si vous souffrez d’un trouble bipolaire ou maniaco-dépressif. Cette plante peut en effet déclencher une crise de manie.

Si vous prenez du millepertuis mentionnez-le à votre médecin. Les médicaments peuvent avoir un effet l’un sur l’autre et vous faire ressentir d'importants effets secondaires. Mentionnez toujours à votre médecin quels médicaments vous prenez, même s'il s'agit de plantes ou d'autres produits en vente libre !

Stabilisateurs de l'humeur

Les stabilisateurs de l'humeur sont notamment prescrits comme traitement ou en prévention de troubles bipolaires.

Les stabilisateurs de l'humeur ont également des effets secondaires. Certainement au début du traitement, vous pouvez vous sentir vaseux(se) ou fatigué(e) ou être pris(e) de vertiges. La plupart du temps, ces symptômes s'atténuent après quelques semaines, une fois que vous êtes habitué(e) à la dose idéale pour vous.

Le médecin contrôlera votre sang régulièrement pour vérifier si les médicaments n'ont pas d'effets néfastes sur votre foie, votre thyroïde et sur certains composants sanguins.

Malgré cette médication, il est possible que vous rechutiez. Signalez à votre médecin tous les changements que vous constatez. Il suffit parfois d'adapter la dose pour prévenir une rechute.
N'arrêtez certainement jamais les médicaments contre votre trouble bipolaire sans l'avis de votre médecin. Vous devrez probablement les prendre toute votre vie pour éviter une rechute.

Antipsychotiques

Les antipsychotiques sont aussi bien utilisés lors des phases maniaques que pour la prévention des rechutes. En cas de crise aiguë, ils sont souvent combinés à un stabilisateur de l'humeur.

Certains antipsychotiques plus anciens sont uniquement utilisés dans les phases maniaques aiguës. Ils ont trop d'effets secondaires pour être utilisés comme traitement d'entretien.

Les antipsychotiques bloquent la dopamine dans le cerveau et ont ainsi un effet positif sur la manie. Toutefois, des effets secondaires peuvent aussi se produire en raison du blocage de la dopamine, comme des troubles moteurs. Ils surviennent parfois seulement après quelques mois ou quelques années de traitement.

Si vous présentez certains effets secondaires, n'arrêtez certainement pas de votre propre chef et demandez toujours conseil à votre médecin. La dose pourra peut-être être diminuée ou votre médecin pourra vous prescrire un autre psychotique.

Étant donné que les antipsychotiques peuvent parfois faire augmenter votre taux de cholestérol et de glycémie, votre médecin contrôlera régulièrement votre sang. La plupart des antipsychotiques vous feront prendre du poids. Il est dès lors important de bouger suffisamment et de faire attention à votre alimentation.

Benzodiazépines

Les benzodiazépines sont parfois combinés, pendant la phase maniaque d'un trouble bipolaire, aux antipsychotiques et/ou aux stabilisateurs de l'humeur. Mais le médecin évitera d'en prescrire à long terme, car ils peuvent créer une accoutumance. C'est pourquoi votre médecin diminuera les doses progressivement lorsque le moment sera venu d'arrêter le traitement.

Au début d'une dépression également, des benzodiazépines ou des produits similaires peuvent être prescrits exceptionnellement pour améliorer votre sommeil ou combattre vos angoisses. Mais lorsque c'est possible, le médecin préférera un antidépresseur qui a également un effet soporifique ou anti-angoisses, étant donné que le risque d'accoutumance est moins important.

Thérapies à base d'électrostimulation

La thérapie électroconvulsive (ECT) ou ‘électrochocs’ a parfois une connotation barbare à nos oreilles, mais c'est une forme de thérapie qui peut sauver des vies. En outre, la personne est anesthésiée et des myorelaxants lui sont administrés. Elle ne remarque donc rien et le traitement est totalement indolore. L'électrochoc qui est envoyé dans le cerveau provoque une décharge. On ignore encore ce qui se produit précisément, mais des neurotransmetteurs tels que la sérotonine et la noradrénaline sont probablement libérés.

Bien entendu, une thérapie électroconvulsive n'est pas utilisée chez n'importe qui. Elle est uniquement administrée dans des centres spécialisés à des personnes gravement atteintes (dépression lourde ou manie sévère) qui ne peuvent pas attendre que leurs antidépresseurs ou leurs antipsychotiques commencent à agir. C'est aussi le cas lorsqu'aucun traitement ne peut être trouvé ou lorsque vous ne pouvez pas avaler de médicaments (en cas de grossesse par exemple). C'est alors une solution envisageable.

Même si elle semble désagréable, cette thérapie offre de très grandes chances de réussite : pas moins de 95 % de toutes les dépressions graves peuvent être traitées de cette façon. Certainement celles qui s'accompagnent d'idées délirantes et d'hallucinations. En outre, elle donne des résultats très rapidement, mais il sera peut-être nécessaire d'administrer plus qu'un traitement.

La stimulation magnétique transcrânienne ou TMS (simulation magnétique au travers du crâne) est une technique assez récente qui ressemble un peu à l'ECT (électrochocs). Une électrode envoie des impulsions magnétiques dans les zones du cerveau potentiellement impliquées dans une dépression, afin de les stimuler. L'intervention est pratiquée sans anesthésie, est indolore et dure un peu moins d'une heure. Le traitement n'en est qu'à ses balbutiements. On attend encore les résultats de plus grandes études pour pouvoir se prononcer sur son efficacité. Ce traitement pourrait devenir le nouvel ECT.

Deep brain stimulation (DBS) ou stimulation cérébrale profonde est également une  façon de stimuler le cerveau. Dans ce cas, une électrode est implantée profondément dans le cerveau. L'électrode est reliée à une sorte de batterie qui se trouve à un autre endroit du corps. Cette batterie envoie des impulsions au cerveau qui est ainsi stimulé. L'humeur s'en trouve alors modifiée. Cette technique est encore relativement expérimentale et s'adresse uniquement aux personnes qui présentent une forme très sévère de dépression, après l'échec d'autres traitements.