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Types de troubles dépressifs

Non seulement un trouble de l’humeur ou une dépression n’est pas l’autre, mais il est également possible que votre trouble de l’humeur soit provoqué par une maladie sous-jacente. C’est la raison pour laquelle nous allons nous arrêter un instant sur les différentes formes et les différentes causes de dépression et de troubles de l’humeur :

La dysthymie

La dysthymie est une forme légère qui relève plutôt des troubles de l’humeur. Elle s’accompagne de pensées moroses permanentes. Des améliorations sont possibles, mais elles sont généralement de courte durée. La dysthymie se traduit principalement par des troubles de la concentration et un sentiment de fatigue. Même si ce problème ne vous empêche pas de vivre, ce n’est évidemment pas drôle du tout. N’hésitez donc pas à en parler avec votre médecin de famille. Il aura certainement de bons conseils à vous donner !

La dépression majeure

La dépression « majeure » est une forme sévère de dépression, accompagnée d’une symptomatologie claire. On parle de dépression majeure lorsqu’au moins 5 des 9 symptômes  ci-dessous sont présents pendant une période d’au moins deux semaines :

Symptômes caractéristiques :

  • abattement ;
  • manque d’intérêt vis-à-vis des activités auxquelles vous prenez habituellement plaisir ;
  • sentiment d’infériorité ou de culpabilité ;
  • pensées suicidaires répétées.

Symptômes moins caractéristiques :

  • troubles du sommeil ;
  • émotions extrêmes (excitation excessive ou fatalisme) ;
  • fatigue, manque d’énergie ;
  • troubles de la concentration, indécision ;
  • troubles du comportement alimentaire (avec perte ou prise de poids).

Référence : Diagnostic suivant les critères DSM IV

Le trouble bipolaire (ou maniaco-dépressif)

Cette maladie se caractérise par une alternance de hauts (manies) et de bas (dépression). Durant les périodes où vous vous sentez joyeux (manie), vous débordez d’activité et vous êtes convaincu de pouvoir tout affronter ou surmonter. Durant les périodes dépressives, cette joie de vivre et cette énergie font place à l’inertie et aux idées noires. Vous présentez alors les symptômes d’une dépression majeure. Vous passez d’un extrême à l’autre. C’est la raison pour laquelle cette forme de dépression est souvent qualifiée de « trouble bipolaire ».

La dépression saisonnière

Il arrive que le manque de soleil provoque une dépression hivernale caractéristique. Si c’est votre cas, la luminothérapie pourrait vous aider à vous sentir mieux.

La dépression postnatale

La naissance d’un bébé représente un grand bouleversement : votre rythme de vie change du tout au tout et votre équilibre hormonal est complètement perturbé. 10 à 15 jeunes mamans sur 100 sont confrontées à ce problème. Soyez attentive aux symptômes et parlez-en à temps avec votre médecin.

La dépression provoquée par une autre maladie

Il arrive que les personnes qui souffrent de la maladie d’Alzheimer ou d’autres pathologies qui affectent le cerveau (comme la maladie de Parkinson) développent des troubles de l’humeur ou une dépression. C’est particulièrement le cas au début de la maladie, lorsqu’elles se rendent compte qu’elles perdent la mémoire et que leur fonctionnement se dégrade. Le risque de dépression est plus élevé chez les personnes qui y ont déjà été confrontées dans le passé. Il est important de bien distinguer démence et dépression :

  • Les personnes âgées dépressives présentent généralement des pertes de mémoire et une certaine apathie. Cela ne signifie toutefois pas qu’elles vont nécessairement développer une démence. En cas de dépression, les capacités d’orientation dans le temps ou dans l’espace sont généralement préservées. Ce n’est pas le cas chez les patients déments.
  • Les personnes qui souffrent d’une démence s’efforcent généralement de masquer leurs pertes de mémoire. Ce n’est pas le cas des patients dépressifs, qui parviendront généralement à se souvenir de ce qu’ils avaient oublié si on les aide un peu.

Des maladies chroniques comme le cancer, le sida, les troubles cardiaques ou le diabète peuvent provoquer des sentiments d’angoisse, de désespoir ou d’impuissance. C’est bien naturel, car ces diagnostics ont un impact majeur sur l’espérance de vie. Lorsqu’elles se prolongent, l’incertitude et les craintes pour l’avenir peuvent entraîner des formes sévères de dépression. En outre, les éventuelles douleurs chroniques provoquées par la maladie ou les médicaments utilisés pour la soigner peuvent favoriser la dépression. N’hésitez pas à aborder le sujet avec votre médecin traitant : il est là pour vous écouter. Il est important que la dépression aussi soit traitée à temps ! Il a déjà été démontré à plusieurs reprises qu’une attitude optimiste améliore les chances de guérison ou entraîne un développement moins rapide de la maladie. Dans ce contexte, la maxime « un esprit sain dans un corps sain » prend plus que jamais tout son sens !

Des troubles du comportement alimentaire comme l’anorexie ou la boulimie ont souvent des répercussions psychologiques. Le plus souvent, un trouble du comportement alimentaire commence par un régime qui vise non seulement à éliminer les kilos superflus mais aussi à améliorer le bien-être et l’image de soi. Malheureusement, c’est bien souvent le contraire qui se produit. La personne se retrouve prise dans une spirale infernale et ses angoisses, ses idées noires et son sentiment de culpabilité ont tendance à s’aggraver plutôt qu’à s’améliorer. C’est la raison pour laquelle il est souvent nécessaire d’aborder les troubles du comportement alimentaire sous plusieurs angles. Il convient en effet de traiter non seulement le problème vis-à-vis de la nourriture mais aussi les troubles psychologiques qui en sont responsables. A côté du traitement médicamenteux, la  psychothérapie  revêt également une importance capitale dans ce cadre.

Les problèmes gastro-intestinaux chroniques peuvent également déboucher sur des troubles de l’humeur ou une dépression, en particulier lorsqu’ils provoquent des carences alimentaires. On observe toutefois aussi souvent le phénomène inverse : ce sont alors les troubles gastro-intestinaux qui masquent un problème psychologique.

Les troubles métaboliques (comme par exemple un déficit en hormone thyroïdienne), les maladies infectieuses (comme la mononucléose ou la jaunisse) ou les traumatismes crâniens sévères peuvent également provoquer une dépression.

La dépression provoquée par les médicaments, l’alcool ou la drogue.

La dépression peut aussi être un effet secondaire de certains médicaments. C’est par exemple le cas des somnifères et des traitements utilisés contre l’épilepsie, l’hypertension ou le cancer. Certains antimalariques peuvent également déclencher des réactions psychologiques aiguës chez certaines personnes. Si vous avez déjà été victime d’une dépression dans le passé, signalez-le donc toujours à votre médecin.

Enfin, si l’alcool et les drogues peuvent initialement provoquer un sentiment d’euphorie, à long terme ils favorisent la dépression. Il ne sert donc vraiment à rien de boire pour oublier vos problèmes !

Burn-out

Le burn-out ou épuisement professionnel est un problème dont on entend très régulièrement parler. Habituellement, on l’associe exclusivement au stress professionnel ; celui-ci n’est toutefois bien souvent que la goutte qui fait déborder le vase, et les véritables causes du problème sont généralement beaucoup plus complexes. Il est possible que vous ayez vécu dans le passé des moments difficiles qui ont laissé des traces. Nous n’avons pas toujours conscience que les expériences que nous avons vécues dans notre enfance peuvent alimenter la dépression et nous accusons peut-être un peu trop facilement nos difficultés professionnelles. Il est pourtant important de pouvoir faire appel au soutien d’un psychothérapeute afin d’apprendre à mieux recadrer certains éléments de notre passé. Le simple fait de travailler moins ou de changer de poste ne sera probablement pas suffisant.

Le traitement peut être très différent suivant le type de dépression. Pour les formes légères, une psychothérapie peut suffire. Dans les autres cas, il est indiqué d’avoir recours à des médicaments spécifiques. Un bon conseil : n’arrêtez jamais le traitement prescrit par votre médecin trop rapidement.